Pensée unique et thermodynamique

Est-ce que vous n’avez pas peur vous aussi quand vous regardez les chaines d’informations continues ? Moi j’ai très peur. En plus pendant un an je ne captais que ça… donc j’ai eu le temps de m’y résoudre…

J’ai l’impression d’y voir toujours les mêmes personnes amener les même idées, et d’entendre les journalistes s’écouter poser des questions avec l’espoir de faire dire ce qu’ils ont prévu à leur invité et/ou interlocuteur, voire confrère (oui, parce que c’est la mode en ce moment de faire des débats entre journalistes, ça combles les moments creux d’antenne, et ça les ballade un peu), sans avoir aucune envie d’entendre une réponse vraie et sincère.

D’ailleurs les réponses sincères sont bannies. Il faut du politiquement correct, du polissé, du qui va dans le sens de ce que tout le monde pense déjà. Comme ça personne ne change de chaîne, et on peut continuer à vendre du Nutella (R.I.P.).

Ou alors on fait du sensationnel, du qui-pête-à-la-gueule, du oh-mon-dieu-j’m’en-doutais-qu’il-était-pas-normal, du on-vous-l’avait-bien-dit, et on transforme le tout en spectacle, le devoir de diffuser aux citoyens une information leur permettant de se faire leur propre opinion en sermon.

Sincère ? C’est un vieux terme d’art qui désignait les oeuvres de sculpture faites sans cire. La cire servait dans l’Antiquité déjà à masquer les défauts des coups de ciseaux du sculpteur. Il rebouchait et remodelait ainsi certaines formes imparfaites. Et livrait donc à son client ce qu’il attendait précisément, la qualité et le talent en moins, l’empressement de terminer et de savoir pouvoir masquer les erreurs en plus. Ceux qui livraient une oeuvre sans cire livraient donc un objet sans tricherie et qui reflétait à la fois leur talent, mais aussi leurs erreurs, qui ils étaient vraiment en tant qu’artiste. (étymologie populaire, rejettée par la plupart des dictionnaires encyclopédiques, mais comme ils n’arrivent pas non plus à s’accorder entre eux… on va prendre celle-ci, car elle colle bien ! 😉 )

Ok c’est facile de taper sur les journalistes. C’est comme taper sur les joueurs d’une équipe de foot. Mais ici c’est plutôt sur les lignes éditoriales que je m’acharne, et sur ceux qui ont depuis longtemps rangé leur carte de presse dans le fond d’un tiroir pour devenir plutôt des polémistes, ou des machines à poser des questions sans vraiment vouloir entendre les réponses.

Cependant il faut que tout soit à la fois joliment dit, et compréhensible par tout le monde. Le niveau d’éducation baisse aussi vite que l’accès à la culture augmente (paradoxe, oui, et première réflexion vieux-con de ce blog !) alors il ne faut pas qu’on perde nos téléspectateurs au détour d’un imparfait du subjonctif pompeux ou d’une litote présomptueuse. Et Twitter est beaucoup plus friand d’un bon mot (en 140 caractères) que d’une analyse de fond, comme les cours de récréations sont plus friandes de tartes-dans-ta-face que de débats posés. Twitter restant un formidable outil diffusion d’idée, il permet moins l’échange, peut-être car tout va trop vite et que les commentaires laissés sont comme de nouveaux Tweets et on obtient que rarement une réponse de l’auteur initial.

On fait simple, on fait efficace, et parfois on oublie même de faire une stupide structure sujet-verbe-complément. Voire, on ne retient que ce qui nous intéresse dans une phrase ou une citation, même si celle-ci reprise dans son ensemble est en complète contradiction avec l’analyse qu’on en fait.

Il n’y a donc plus d’oppositions d’idées. Il n’y a plus de débats. Il a juste des millions de spectateurs devant leurs écrans de toutes tailles à l’affût d’une faute, d’une chute, voire d’un suicide en direct, le tout aidé dans cette chasse inhumaine par des journalistes-présentateurs devenus des rabatteurs de gibier.

Et cette maladie s’étend jusque dans la sphère privée. Il était déjà difficile de pouvoir aborder n’importe quel sujet lors d’une repas de famille ou d’amis, donnant lieu d’ailleurs aux sempiternelles discussions d’avant soirées sur le thème du et-faut-pas-que-je-dise-quoi-deja?. Mais cela devient aussi impossible de débattre simplement sur le web, lieu d’anonymat.

Lieu où les échanges devraient être rendus plus simple par la dépersonnification totale de l’interlocuteur.

Eh! ben non.

L’autre jour je me suis fait reprendre de volée sur un réseau social parce que j’avais parlé de « hiérarchisation discriminatoire » à propos d’un post publié par un internaute et qui défendait la thèse suivant laquelle il était plus grave de tuer des enfants que des adultes. M’opposant à lui, par principe seulement, afin de lancer le débat et pouvoir creuser un peu plus sa pensée que je trouvais intéressante dans le contexte, ce dernier n’est resté focalisé que sur le terme « discriminatoire ». En l’accusant d’après lui d’acte discriminatoire, j’avais franchi le Rubicon. J’étais de ceux qui insultent sans savoir. J’étais aussi inculte, mal informé, et je ne savais pas parler français, car on ne dit pas « discriminatoire » mais « discriminante ».

Parenthèse linguistico-mathematique : l’adjectif « discriminatoire » est défini par la rouquine comme suit « Qui tend à opérer une discrimination entre des personnes, des groupes humains » et « discriminante » comme suit : « Qui établit une séparation, une différenciation entre deux termes, qui distingue nettement l’un de l’autre »… en gros il me demandait de faire des maths, ce à quoi je lui ai répondu que mon discriminant était b2 − 4ac mais ça ne l’a pas fait rire…. 

Bref je m’en suis pris plein la tronche par un gars qui ne fait pas la différence entre compter et parler, alors que j’avais comme seul objectif qu’on puisse avoir tous les deux une discussion, peut-être vive, mais féconde en idées et civilisée, un débat qui nous aurait permis a chacun de connaître et comprendre un point de vue différent, et certainement de nous ouvrir mutuellement un autre champ de pensée… mais non. Encore une fois le péremptoire l’emporte sur la maïeutique, le combat sur le dialogue. Je n’ai donc pas poursuivi plus loin la discussion avec cette personne, le laissant heureux de m’avoir mouché, c’est si difficile de nos jours de satisfaire qui que ce soit, que j’y ai trouvé là mon plaisir.

Alors, on ne me propose pas de débats informatifs auxquels je peux assister, et on m’empêche de débattre moi-même. Je laisse tomber. Sans vouloir tout de suite m’associer à la pensée du plus grand nombre, je m’en désintéresse tout simplement. Elle est toujours présente, me régit de plus en plus, mais je la laisse venir. Et donc, complice, je l’accepte petit à petit. L’ami Pavlov m’aidant à faire le reste du chemin jusqu’à l’assimilation totale.

Mais c’est qui Pavlov ? disons, qu’on verra ça plus tard. Mais en gros c’est un gars avec des chiens, un prix Nobel et un goût prononcé pour les vacances en Estonie.

Toute cette analyse semble contredire tout de même fortement le second principe de la thermodynamique (qui nous régit… si, si, vous êtes régit par les lois de la thermodynamique, entre autres), qui affirme, que l’entropie s’accroit, et que tout phénomène physique est irréversible.

L’entropie ? c’est tout simplement la mesure du bordel (dans les livres ils disent « du désordre » mais c’est pareil), dit aussi principe de Carnot (attention; ne pas confondre les deux Sadi Carnot qui sont d’ailleurs tous deux polytechniciens, 40 ans séparent Nicolas Léonard Sadi Carnot le physicien de Marie François Sadi Carnot le président de la république, le premier étant l’oncle de l’autre, bref une famille de dingues ! et une famille qui a donné son nom à la moitié des lycées, collèges, places, avenues, etc, de France). 
Ce principe définit que le bordel (l’entropie) ne fait que s’accroître, et que les phénomènes physiques qui impliquent un échange d’énergie (entre autres) sont irréversibles.

Tout système, quel qu’il soit va en ce sens vers plus de bordel. Donc normalement vers plus de diversité, car a priori (oui, y’a pas d’accent au « a » de « a priori ») la diversité, c’est le désordre, si on l’oppose à l’uniformité.

Le résultat logique est qu’on devrait être sauvé par le temps qui passe.

Mais en est-on si sûr ?

Prenons l’exemple de deux liquides dans un bac, séparés l’un de l’autre par une cloison étanche. L’un transparent (de l’eau) l’autre rouge (du sirop de grenadine, ben oui j’aime ça). Que ce passe-t-il quand on retire la cloison. Tout le monde le sait. Les deux liquides se mélangent, parfois il faut un peu touyer (c’est pas dans la rouquine ce terme… mais tout le monde a compris) quand on est pressés, mais dans l’ensemble ça se passe plutôt bien. Essayez donc maintenant, sans catalyseur, de séparer à nouveau les deux liquides. Impossible. Le phénomène est irréversible.

L’analogie est facile. Mais est-ce qu’une population ne serait pas un mélange de plusieurs fluides qu’on force à coexister en enlevant toutes les barrières ? Voire même un mélange de populations à qui ont dit que les barrières sont une honte, et qu’il faut s’en affranchir, qu’il faut lisser la pensée vers un consensus unique. Et qu’il est dangereux de s’en éloigner.

On parle d’intégration, de métissage culturel, d’ouverture, de rassemblement national, de consensus… bref de tout bien mélanger, secouer, et hop! je vous renvoie à Sadi Carnot pour la suite des évènements.

Plus d’aspérités, plus de différence.

On veut que l’autre soit soi, et peu importe les conséquences. Comme ça on a moins peur. Et on oublie vite, car c’est trop dur d’y penser, que l’autre aussi aimerait certainement qu’on devienne lui. Donc on se bat. On se range du côté de la majorité, et on stigmatise ceux qui vont penser différemment, ou tout simplement ceux qui vont vouloir ouvrir les débats pour s’assurer que tous les champs des possibles ont été sondés et qu’on se dirige sur une voie qui va dans le sens du bien collectif. Et encore là, collectif ne veut pas dire universel, mais se rapproche plus de majoritaire.

Bref, c’est le bordel.

On ne peut contenter tout le monde et en même temps il est dangereux de laisser une pensée unique diriger les monde. La politesse, la tolérance et le respect devraient pouvoir nous aider justement à ne pas avoir de pensée unique, mais à laisser tout le monde s’exprimer et vivre suivant ses convictions propres. Mais on est vite rattrapés par l’envie de dominer les autres, le besoin d’assurer biologiquement la descendance de nos gènes et de notre culture, quitte à tuer… l’autre ou sa pensée (merci Darwin).

Charles Robert Darwin – Marin (ou presque), géologue et naturaliste… on y reviendra aussi.

Tous les courants de pensée veulent prendre le pas sur les autres.

C’est naturel.

Il ne peut y avoir d’équilibre.

Le deuxième principe de la thermodynamique l’emporte sur tout le reste, et sa véracité, si besoin est, est encore ici démontrée.

#FuckTheFish

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