Bowling for Mélenchon

J’avais dit que je tenterai une critique littéraire, alors allons-y, mais faisons épique, faisons dans le lourd, dans le qui tache, sur des territoires inconnus, vers l’infini et au-delà ! Par contre on va le faire à ma manière, la manière de quelqu’un qu’il ne sait pas du tout où il va. Qui a peut-être un peu trop promis sur ce coup là, mais c’est pas grave, c’est parti, on attaque par la face Nord :

L’ami Mélenchon – Le hareng de Bismark (ed. Plon)

Melenchon

Déjà c’est beau. C’est rouge (ça colle bien au personnage) mais par contre il sourit… Monsieur Mélenchon sourit. Quand on va plus loin dans le livre on se rend compte qu’en fait il ironise, mais quand même, moi on m’avait vendu un Mélenchon qui fait la gueule et qui n’est pas content. Et là il se fend la poire. Bon, soit. Je ne suis pas ravi, mais ok. Alors par contre la faute d’orthographe dès la couverture, c’est pas sérieux. Le hareng est un poisson avec deux s. C’est quand même pas compliqué ! Ah ? c’est un jeu de mots ? Bon ben c’est nul, puis c’est méchant avec les allemands.

Ensuite. Le livre est facile à prendre en main. Il fait 17,2 x 11,3 cm (et 2,2 centimètre d’épaisseur)… ce qui est putain de compliqué. Bon sang, ils ne pouvaient pas faire 17 x 11 cm ? sont fous ces imprimeurs ! Mais d’où ça leur vient ? De mesureS anglo-saxones ? J’ai cherché un peu partout et j’ai trouvé plein de dimensions de livres, mais pas celle-là. On est dans le sur-mesure ! Le poids n’est pas indiqué et ma balance n’est pas assez précise (faudra que je pense à en acheter une pour la prochaine critique). Bref. Il rentre bien dans une poche de veste ou poche arrière de pantalon.

Ensuite c’est pas écrit petit. C’est bien parce que j’y vois pas clair, et le matin dans le RER c’est plus confortable.

 

Il y a 25 lignes par page (sans compter le rappel de titre en haut – quelqu’un sait si ça porte un nom ? – et de page en bas). C’est bien 25. C’est un carré (hm hm, celui de 5) et les carrés c’est beau. Il y a aussi 210 pages. Mais mais mais… si on enlève tout le bazar qui décore, dont la table des matières (peut-être pas indispensable pour un ouvrage de cette taille, à débattre), les rappels légaux (ne pas copier, ne pas diffuser, sinon prison !), et une longue biblio, il en reste 194. Je n’ai pas trouvé l’origine du papier, mais il est assez épais comme le Canson de notre enfance.

Bref, c’est de la belle ouvrage !

Et dedans ?

Eh bien dedans, c’est un peu haro sur l’allemand ! Pas sur l’allemand en tant qu’individu, mais plutôt l’Allemagne en tant que mode de vie.

 

Mais ce n’est pas ça qui est intéressant. En tout cas pas pour cet article. Ici pas de politique.

Ce qui est intéressant c’est que Monsieur Mélenchon s’est trompé de métier, de carrière, de combat et de vie ! C’est pour moi maintenant une certitude.

Au début, lors des 10 premières pages, j’avais bien en tête l’image du militant énervé, celui qui égaye les plateaux de télévision, l’héritier de Marchais (là j’ai perdu les plus jeunes), plus instruit et plus politiquement correct que beaucoup d’autres. Et puis le ton, le défilement de chiffres, de statistiques, de faits pas forcément vérifiés (et rarement suivis d’opinion contradictoire) mais sensationnels et qui marquent les esprits (plusieurs fois quand même en lisant on a l’impression que l’Allemagne va nous envahir demain…), ont commencé à me faire penser à quelqu’un.

Et d’un coup c’est apparu comme une évidence.

Jean-Luc Mélenchon est le Michael Moore français !

Il doit arrêter la politique tout de suite, prendre une caméra ou un cameraman et prendre la route ! Il va nous faire des reportages magnifiques, il est fait pour ça ! bowling_for_columbine.48931

Imaginez-le pourfendeur des complots les mieux gardés, nageant au milieu des Illuminatis. C’est-y pas une idée extraordinaire ?

Il est de ces contradicteurs qu’on aime voir dans le paysage, mais pas dans nos instantes dirigeantes. Les contradicteurs ont toujours été nécessaires, voire indispensables. Ils permettent de garder la pression sur les dirigeants, de faire naître de nouvelles idées, libérés de la contrainte de budgets et de gestion (c’est pour ça que c’est toujours un peu au bord de la démagogie, c’est facile de promettre quand on n’a jamais vu les comptes…). Dans le temps les bouffons tenaient ce rôle. Ils étaient libres de dire ce qu’ils voulaient et permettaient parfois aux souverains de garder les pieds sur terre, et de se tenir au courant des problèmes du « peuple » et des intrigues de palais.

Les contradicteurs aujourd’hui sont stigmatisés, tournés en dérision ou censurés (on en parlait ici). Qu’ils s’appellent Mélenchon, Moore, Petit Journal, Charlie… ils sont en danger. Danger de la pensée unique, encore plus sournoise et plus dangereuse que toutes les autres menaces. Celle contre laquelle tous ceux qui ont imaginé le futur, en livre ou en film, ont toujours essayé de nous mettre en garde. Toutes ces foules alignées et parlant d’une seule voix… brrr ça fait froid dans le dos.

Bref.

Ce livre, comme les films de Moore, devrait au moins réveiller ce sentiment en vous, que vous adhériez ou non aux idées n’est pas important pour passer un bon moment. Donc, je ne vous pousse pas à le lire. Mais en tout cas je vous invite à ne pas pas le lire (oula!) pour de mauvaises raisons politiques. En tout cas moi ça ne m’a pas arrêté. C’est important de savoir ce que tout le monde pense. C’est seulement après l’avoir analysé qu’on peut se dire d’une opinion différente ou pas, et non par principe.

Voir les liens et bonus du livre

Aller plus loin sur l’histoire du hareng

Apprendre à cuisiner le hareng

Alors pensez, parlez, débattez ! Ne croyez jamais personne sans preuve, ne vous laissez pas faire ! Et ouvrez un peu vos esprits !

#FuckTheFish my friends 

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6 commentaires sur “Bowling for Mélenchon

  1. Au démarrage j’ai cru lire quelqu’un d’autre… t’était-il arrivé un accident soudain !?
    Mais en y réfléchissant autant de détails au niveau de la taille du livre et de sa composition, ça ne m’étonne pas du personnage !!!
    Tu n’es pas une méchante critique… en fait tu as donné ton avis plus que tu n’as fait une critique mais tu as rendu tout de même une belle copie humoristique.

    Aimé par 1 personne

    1. c’est la première, je ne voulais pas être trop méchant. Et le gars Mélenchon m’a tellement fait penser à Moore, qu’il fallait absolument que j’en parle, je ne pouvais pas le garder pour moi, sinon ça me fait des ulcères…

      Aimé par 1 personne

      1. « NOTEZ CET ARTICLE »: s’il nous plaisait de le faire, peut-être…
        Contrairement à l’évolutionnisme, l’évaluationnisme est la graine d’un fascisme.
        Au même titre que le sans-gêne, si l’on en croit Simenon.

        Aimé par 1 personne

      2. ou tout simplement la volonté de progresser et d’ouvrir une porte béante à une critique (bienveillante) mais décomplexée !
        (moi aussi, j’aime faire des copier/coller 🙂 )

        et si on ne veut pas croire Simenon… en ne lui accordant pas l’aveugle crédulité que sa notoriété lui apporte de la part de ses adeptes ?

        J'aime

  2. « NOTEZ CET ARTICLE »: s’il nous plaisait de le faire, peut-être…
    Contrairement à l’évolutionnisme, l’évaluationnisme est la graine d’un fascisme.
    Au même titre que le sans-gêne, si l’on en croit Simenon.

    Aimé par 1 personne

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