Les hippopotames #5 – Les insatisfaits chroniques

On aurait pu parler d’eux dans un second volet du bestiaire, mais je pense qu’un chapitre entier de cette série doit leur être consacré. Ce sont ces personnes qui ne peuvent s’empêcher d’accumuler et de vouloir toujours plus que ce qu’elles ont, et surtout que ce qui leur est plus que suffisant.

J’ai cherché longtemps un animal pour le faire entrer dans notre bestiaire qui pourraitecureuil-saoul correspondre à cette description. Plusieurs sont venus à mon esprit : écureuils, mais ils sont trop mignons et j’aurais attiré la foudre de mes abonnés (chéris et adorés, dois-je le répéter ?) sur moi à essayer de les bâcher bien correctement, donc non. (Ça me fait penser qu’on va se faire un petit article sur les animaux trop « meugnons » mais qui en fait sont de gros pervers et qui cachent bien leur jeu, rien à péter, on va se me te les passer à la broche et ça va pas être joli !). Ensuite j’ai pensé au furet. furet-dehorsÇa accumule sévère et ça veut toujours aller dans des endroits pas possibles pour repousser les limites de la tolérance des humains qui vivent avec. Et en plus le furet ça pue. Donc candidat idéal, et je sais de quoi je parle, j’en ai deux. Mais là encore, lâche abandon de ma part. Si je m’étais lancé dans cette direction qu’auraient pensé de moi mes deux compagnons d’infortune… non, on n’attaque pas les copains, c’est sacré, même s’ils puent et que parfois ils croient que ça me fait rire qu’ils creusent des tunnels dans la mousse de rembourrage du canapé tout neuf. Putain de bestioles.

Alors si ça ne peut pas être l’écureuil qui adore accumuler les glands (vous aussi vous venez de penser à la même horrible blague sexiste, j’ai honte, mais je me marre) ni le furet qui repousse toujours les frontières de l’inconnu, alors qui ?

Eh bien j’ai opté pour mignon, mais casse-burnes. Un mignon qui rappellera aux plus vieux un bon personnage de Disney, plutôt sympathique, mais qui se laisse prendre à son propre jeu de la cupidité et de l’accumulation…

… le Castor !

(en plus il construit des barrages, ce qui va très bien aller pour les métaphores, et il a la queue plate…)

castorDonc le castor. Encore une fois je vous demande de faire l’exercice mental habituel, chercher dans votre entourage (c’est peut-être vous-même d’ailleurs) quelqu’un qui pourrait vous aider à illustrer mentalement ce qu’on va décrire ici. Vous pourrez évidemment en changer au fur et à mesure de l’exposé s’il ne colle finalement plus à la description, c’est un monde libre ici, tout le monde fait ce qu’il veut ! Et pour les scientifiques de la bande, ce n’est pas une description (je me répète, je sais mais bon) biologiquement/anthropologiquement exacte que je fais, mais celle de la légende populaire et du décorum qui entoure cet animal dans l’esprit de tout le monde (en tout cas en Occident, désolé, mais c’est là d’où je viens…).

Donc que fait le castor ? des barrages (et des abris dedans) et avec quoi ? des arbres ou branches qu’il coupe inlassablement avec ses superbes incisives (qui d’ailleurs poussent en permanence, c’est pour cela qu’il doit tout le temps ronger… comme tous les rongeurs) créant des zones entièrement déboisées autour de lui.  Le but est de construire un cocon dans lequel il pourra tranquillement élever sa famille à l’abri des prédateurs, et stocker tout ce qu’il faut de victuailles pour passer les périodes difficiles. Bon. Et donc on se dit qu’a priori, dès que c’est fait c’est fait. castor21Un peu de réparation de temps à autre, et puis c’est marre. Pô du tout ma bonne dame. Tant que je gagne je joue ! et le castor de couper de plus en plus de bois pour faire devenir sa construction de plus en plus énorme. Elle ne satisfait toujours que lui et sa famille, mais grandit bien au-delà de leur besoin premier. Empêchant par la même occasion à toute autre famille de pouvoir venir partager les richesses offertes sur les mêmes berges. Poussant donc à l’appauvrissement des retardataires, à leur éviction, ou à l’affrontement.

Ça y est, je sens que ça fait son chemin dans votre tête. Vous avez tous un personnage de votre quotidien qui vient d’apparaître, voire même toute une catégorie, un pan, de la population. Ne tombez pas non plus dans l’extrême-gauchisme tout de suite, ce n’est ni le lieu ni le propos de ce blog. Je ne veux pas vous faire réfléchir à l’échelle nationale, mais à votre échelle locale, celle des 30 personnes qui forment votre quotidien. Pour ceux qui voudraient appliquer ça à plus grande échelle, qui y arrivent, qui deviennent députés, sénateurs ou présidents, en dédommagement, je veux bien m’occuper d’une ambassade, Moscou serait parfait… merci 🙂wall-e-21

Donc le castor crée autour de lui une zone où les autres castors, mais aussi les autres espèces ont beaucoup de mal à vivre. Il le fait alors qu’il n’a aucun besoin de le faire, si ce n’est l’insatisfaction permanente… comme un robot malade, comme un Wall-E qui empile désespérément des blocs les uns sur les autres sans voir que le monde est complètement mort autour de lui, qu’il est seul et isolé (oui, ben c’est ma soirée Disney…).

Les castors sont ces fonceurs qui n’ont que l’obsession de posséder toujours plus, pensant que cette possession les définit. Alors les collectionneurs de tous poils sont un peu comme ça (dis-je en regardant la montagne de CD et vinyles qui me fait face). Mais le collectionneur se concentre sur un sujet. L’accumulateur compulsif doit tout posséder, tout de suite.

C’est votre collègue de boulot qui va prendre tous les lauriers. Celui qui ne va jamais vouloir faire le bilan des erreurs, et foncer encore plus vite vers un autre mur, qu’il brisera pour passer à travers, peu importe les conséquences sur les personnes qui l’entourent.

J’en parle d’autant mieux que je pense franchement être un castor (sur la voie entre l’ex-lion et le futur hippopotame, enfin j’espère que c’est dans cette direction). J’ai toujours besoin d’avoir. Un meilleur poste, plus de  responsabilités, mais aussi plus de tout, de BDs, de CDs, de guitares (je ne sais plus où les mettre), de vues sur mon blog (non, non, non, ça c’est cool, surtout si toi lecteur tu partages ce que je dis 🙂 )…

Ce qui arrive au castor ?

Il s’isole. Se lasse de tout. Croit avoir, mais n’a pas le temps de s’en servir ni d’apprécier, donc c’est comme s’il n’avait rien. Son tas de bois décore bien. Il y passe des heures seul, inlassablement, pour le faire devenir de plus en plus grand, jusqu’à ce qu’il en meurt… et finalement il n’aura jamais profité d’une soirée au bord de l’eau à s’occuper des siens. Vous me direz, il faut des castors qui veulent s’élever, car ils nous faut des leaders.

Oui. Mais les leaders qui ressemblent à des castors ont-ils voulu l’être et donc le sont-ils vraiment ? (allô, allô, y’a encore des lecteurs après cette phrase ???).

Les grands inventeurs ou révolutionnaires de notre monde ont acquis leur richesse, qui ressemble au gros tas de bois de notre castor, parce que justement ils ont partagé, ils sont allés vers les autres, ils ont eu une vision à répandre et l’ont fait avec passion. Le tas de bois n’a été qu’une conséquence fortuite.

Notre castor lui ne pense qu’à lui, et n’a aucune vision de là où il va… mais il y va. On doit au moins lui reconnaître sa constance.

Alors, êtes-vous un castor ? qui sont les castors qui vous entourent ? et comment le castor va-t-il survivre, s’il le peut dans notre jungle ? 

On voit ça bientôt !

Aller, n’en faites pas des cauchemars, #FuckTheFish my friends 

(autres séries et autres épisodes des hippopotames)

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5 commentaires sur “Les hippopotames #5 – Les insatisfaits chroniques

  1. Mon côté Castor vient du fait d’accumuler un le plus possible dans mes domaines fétiches. Comme toi avec tes BD et vyniles, moi ce sont les jeux vidéo et films qui s’entassent de plus en plus. Au fur et à mesure que j’accumule, je me dis que je n’arriverai jamais à profiter de tout ça pleinement.

    A côté de ça, oui on veut toujours plus de vues, d’argent, « plus de » que tout le monde mais je pense que c’est le cas de la majorité des personnes, c’est la nature de l’homme de vouloir se surpasser pour dépasser tout le monde. 🙂

    La comparaison s’arrête là docteur, je n’ai pas de grandes dents ni la queue plate.

    Bon article sinon. 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Pas très reluisant pour les castors, je suis désolé pour toi 😉 non je ne suis pas du tout mais alors vraiment pas un castor et je dirais même que je n’en connais pas un seul actuellement, c’est l’opposé de mes idées. ..
    Tu penses vraiment que nous évoluons ?

    Aimé par 1 personne

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