La solitude des idiots

Se sentir seul, ce n’est pas l’être physiquement, et c’est souvent quand on semble le plus entouré que la solitude frappe.

C’est stupide, non ? et on dirait tellement l’introduction d’un mauvais article apparu sur votre mur Facebook en provenance d’un blog spécialisé dans le défonçage de portes ouvertes et dont le seul but est de vendre de la pub et de vous faire cliquer par hasard (surtout sur votre mobile avec vos gros doigts) sur un lien sponsorisé vers un site qui vend les meilleures pilules amaigrissantes du monde !

Pourtant cette phrase est vraie.

La solitude des personnes réellement seules physiquement est aussi douloureuse, mais elle est logique, et sa solution également… il suffit de ne plus être seul. Alors les grands timides rétorqueront que ce n’est pas si facile, que passer la barrière de la relation humaine réelle est aussi insurmontable que d’escalader l’Everest pour un unijambiste manchot. Ok. Soit. Mais ce n’est donc pas impossible. Il suffit de se lancer, d’assumer peut-être un peu de honte et de frustration au début, mais l’issue est salvatrice et mérite un peu qu’on se sorte les phalanges des orifices !

La solitude des personnes pensant ou donnant l’image d’être entourées est bien plus sournoise, plus perfide, tout simplement parce qu’elle n’est pas logique. Comment peut-on oser se prétendre seul quand on passe sa vie entouré d’amis et de sa famille ? Comment peut-on se plaindre de solitude alors que les vrais solitaires semblent logiquement bien plus souffrir que nous ? La réponse est simplement l’idiotie !

Et c’est quoi l’idiotie ? d’après Wiki :

« Diminution notable ou disparition de l’intelligence et des facultés affectives, sensitives et motrices accompagnées ou non de perversion des instincts »

Avec une première analyse purement médicale on pourrait se dire que si l’idiotie est la cause de la solitude des gens entourés, alors c’est tout simplement parce que leur idiotie les aveugle et les éloigne de la possibilité de se rendre compte de l’amour que leur porte leur entourage, de l’apprécier et de s’en nourrir. Donc, c’est bon ? on a démontré le truc ? c’était facile. Tu te sens seul alors que tu ne l’es pas, c’est que tu es con ! regarde tous ces gens qui t’entourent ! t’en as de la chance quand même ! aller arrête de faire la gueule et… et en gros soit déjà bien content de ce que tu as et contente t’en !

Non mais est-ce que par hasard on ne se foutrait pas un peu de nous avec cette analyse à deux balles !?

Faisons un break avant de se démonter un peu le cerveau avec une analyse un peu plus poussée et parlons de la pression de la société. De la société actuelle.

Nos parents, à nous la génération de 80/90, ont tout fait dans les années 60/70 pour s’affranchir des règles de société et créer un monde décomplexé, libre et sans haine. Sans conséquences, et bienveillant.

Eh ! ben nous avons tout foutu en l’air !

Je discutais hier avec une amie, qui pourrait être ma mère, et qui a combattu pour ces idées. Elle m’a complètement retourné la tête en me disant que malgré tout ce que je possède, ce que je peux faire quand je le veux et où je le veux, ma liberté d’expression… je n’étais pas libre ! Mais pourquoi ? Parce que, espèce d’idiot (on y vient vous voyez) tu n’oses pas réellement faire ce que tu veux parce que tu as peur des conséquences, tu as peur de la société et de son jugement. Et de poursuivre en me faisant remarquer que je donnais en général trop de justifications à tout ce que je faisais, simplement pour avoir inconsciemment l’approbation de tous, occultant ainsi trop souvent mes propres envies et mon propre bonheur. Puis de me raconter sa vie, ses changements de caps amoureux radicaux qui l’ont amenée de bonheurs en bonheurs, sa carrière professionnelle, parfaitement réussie mais guidée par l’instinct et ses envies à chaque moment de sa vie.

Mais oui ! Mais bien sûr !

C’était tellement évident. Tellement rêvé. Et en même temps tellement inaccessible. L’entendre d’une personne admirable et qui le vit au quotidien a été une révélation.

Une vie qui ne serait fondée que sur la peur de blesser, la peur des conséquences, n’est pas une vie, mais une prison. C’est dur ? oui. C’est déroutant ? certainement. Vous n’y croyez pas ? tant mieux, car ça me permets de continuer cet article (si vous étiez si facile à convaincre, les articles seraient beaucoup plus courts, et ma thérapie personnelle dont le traitement est de vous écrire serait compromise, au risque de me transformer en sociopathe cannibale !).

Après cette conversation, je me suis retourné intérieurement vers mon entourage. Et je les ai regardés. Tous sont faits du même moule qui reproduit à l’infini un schéma de vie centré sur la famille, les concessions, la stabilité et le confort. Une sorte de schéma linéaire, immuable et j’ai pris peur !

Dois-je aussi être comme ça ? Je ne critique pas le modèle qu’ils ont choisi, mais dois-je vraiment faire comme eux, et surtout dois-je être complexé de ne pas le faire ou de ne pas en avoir envie ? Certainement non ! Et ils doivent accepter que je ne le veuille pas !

Je me suis donc rendu compte que ce que je voulais c’était rire et pleurer, prendre des risques et tomber, me relever grâce au sourire et à l’épaule de quelqu’un pour qui je compterai vraiment, ami ou amour ; voir tout, manger tout, parler fort, chanter faux, rouler vite, être en retard ou trop en avance, insulter, consoler, soutenir, jouer, et tellement, tellement plus encore.

Et c’est là, à ce moment précis de ma réflexion, où j’arrivais enfin à définir avec des mots ce que devait être ma vie, que j’ai ressenti ma solitude.

Avec qui faire tout ça ? Comment le partager ? Le bonheur de faire les choses seul n’est pas le mien. Drame. Angoisse. Sueurs froides. Vertiges.

Je suis un idiot. Et ça changera difficilement.

Et les idiots que je représente sont des personnes complètement à l’opposé de la définition donnée plus haut. Les idiots, et c’est un idiot-master qui vous le dit, sont des personnes qui ne savent pas ce qu’elles veulent, ou quand elles le savent, le veulent trop fort et sont détruites par l’échec. Donc, au coup suivant, elles se protègent et s’entourent d’une carapace de plus en plus épaisse. Occultant tout leur entourage, ne voulant pas de leur affection ou de leur partage. Ou ne sachant simplement pas choisir cet entourage, et ce qui est pire, se satisfaisant éternellement de ce qu’elles ont, en souffrant atrocement, et en devenant finalement fous et désespérément seuls de voir s’éloigner le vrai bonheur.

L’idiot devenant fou c’est plutôt une belle logique linéaire, alors non ! n’allons pas par là.

Elle est là ! la solitude des idiots que nous sommes tous finalement.

Elle est dans cette incapacité meurtrière à s’affranchir des règles oppressantes de notre société pour ne focaliser nos envies et décisions que sur les conséquences qu’elles auront sur les autres, en masquant avec acharnement à nos yeux que la première et unique conséquence de cette interrogation interminable est de nous empêcher nous-même d’accéder au bonheur.

Comment en guérir ? Je ne sais pas, mais je vais essayer. Je n’ai pas de conseil à vous donner donc. Je sais ou crois savoir qu’il suffit peut-être de dire tout ce qu’on veut, et de faire tout ce qu’on veut, en n’ayant comme frein (la loi bien sûr… et encore) que sa propre morale.

Je suis perdu, vous êtes perdus, nous sommes tous perdus. Alors foutus pour foutus essayons de retrouver ensemble ce que notre société nous a fait perdre quelque part après 1986 (c’est peut-être la séparation de Téléphone qui a détruit l’idéologie de bonheur construite par nos parents… qui sait ?), prenons du plaisir, n’ayons pas peur des conséquences, sachons nous parler sans barrière, sans peur, devenons tous magiques et surtout aimons ceux pour qui c’est réciproque, sans frein et surtout et comme toujours #FuckTheFish !

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2 commentaires sur “La solitude des idiots

  1. Pas d’accord, même ceux qui sont de la génération de tes parents peuvent être idiots, voir cons , des vieux cons quoi, comme moi…
    Plus jeune j’allais tout casser, à moi la vie, je ne voulais écouter personne, je n’avais besoin de personne surtout…et puis et bien non ça ne marche pas comme ça non plus.
    Quand tu auras la solution merci d’en faire un article, j’en ai besoin

    Aimé par 1 personne

    1. Chouette! Un opposant! 🙂
      Tout à fait d’accord, mais vous avez essayé au moins. Mon constat est que ma génération se meurt dans un conformisme et une peur du jugement de la société qui commence à être insupportable.
      Je pense que je ne trouverai jamais la solution, ou peut-être simplement ma solution. Mais rien ne nous empêche cependant de la chercher tous ensemble.
      L’important c’est le chemin pas la destination 🙂 (vu, revu et corrigé mais ça marche bien ici 🙂 )
      Au plaisir de te revoir passer par ici !!

      Aimé par 2 personnes

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