The Fish Eye

Un regard sur chaque jour

Seeking for library star #1

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Salut à tous.

J’ai l’impression que ça fait un éternité que je ne suis pas passé par là, et j’ai surtout l’impression qu’à chaque fois que j’écris enfin un article sur ce blog, je commence par vous faire part de mon impression de ne pas être passé par là depuis un temps infini. Donc je vieillis, je radote, prenons cela pour acquis.

Mais je reviens aujourd’hui avec une mission.

Depuis quelques temps je fais miroiter à toutes les personnes qui gravitent autour de moi, la possibilité de voir sortir d’un coup de mon esprit trois projets sur lesquels je serais supposément en train de travailler. Un roman picaresque, une fable moderne et un recueil de nouvelles. Tout ça tout ça. Il y a un énorme fond de vérité dans cette promesse, et je dirais même que la matière et la documentation de ces projets sont prêts, qu’il ne reste plus que quelques dizaines d’heures de travail derrière mon bon vieux Mac pour les rendre palpables. Cependant la fainéantise que j’érige en art de vivre m’empêche de tout finaliser correctement et me fait vivre de plein fouet l’adage qui veut que le chemin est plus beau que la destination. Certes. Et je suis d’accord qu’il est plus valorisant d’être un auteur en devenir, et d’ainsi être sur le chemin de réaliser son rêve de gosse, que d’être un nul dont les mots seront massacrés par toute un groupuscule d’amis et de lecteurs anonymes, qui détecteront sans mal ma médiocrité. Donc je ne termine pas. Et j’attends. J’attends de me lire et de me relire sans fin jusqu’à en mourrir et être publié par mon amour à titre posthume m’offrant ainsi la gloire magnifique des martyrs de la littérature…

Et en attendant je lis aussi les autres. Bien meilleurs que je ne le serai jamais puisque de mon côté rien ne sort de toute façon. Et ces derniers temps je me régale entre Vernon Subutex et Grossir le ciel.

Aussi loin que je me souvienne j’ai lu. J’ai la sensation de toujours avoir su lire. J’ai commencé par les auteurs pour enfants, les collections rose et verte, je me souviens à l’école primaire de l’histoire d’une bande d’ours qui parcourait un pays merveilleux et dont le héros principal, chevauchant un aigle ou tout autre gros oiseau, pour se sortir d’une caverne immense s’était coupé un morceau de jambe afin de nourrir l’animal qui le portait. Ce passage m’a traumatisé, sans que j’arrive à me souvenir ni du titre ni de l’auteur de ce roman. Il y’a avait aussi ce pilote, c’était un tout petit livre, qui traverse la manche et qui d’un coup est perdu, ou n’a plus de carburant.

Bien sûr j’ai lu les Petit Prince, Capitaine Fracasse, Bon Gros Géant, Charlie et la Chocolaterie, tous les Jules Vernes, tous les grands classiques que l’école nous demande, finalement à juste titre, de dévorer. Et un jour il y eut Tolkien. Et le monde n’a plus été le même. J’avais toujours aimé lire, j’avais toujours aimé les histoires surtout, mais elles étaient aussi faciles à regarder à la télévision, alors pourquoi prendre le temps de rester les yeux rivés sur un bout de papier à laisser le monde vivre sans nous, quand on peut tout simplement débrancher son cerveau et regarder un écran. C’est peut-être réduire le travail extraordinaire d’acteurs très talentueux que de dire cela, mais c’est mon opinion.

J’adore les films. Mais je déteste les adaptations. Il faut que l’oeuvre soit ce que son auteur en a voulu. Filmée ou écrite. Et non pas une façon de donner accès au plus grand nombre. Si Trucmuche a voulu que son histoire soit un livre, alors lisez, et si Machin en a fait un script pour un film alors allez au cinéma. Mais pas les deux.

Donc il y eut Tolkien. Et si j’avais toujours aimé les histoires, j’avais toujours eu du mal à aller au bout des livres, c’était un gros effort. Mais les mille cinq cents pages de mon édition du Seigneur des Anneaux sont passées comme une lettre à la poste (ou comme un inmail dans l’intranet). Mon esprit a appris à inventer les décors, et à mettre de vraies voix dans la gorge des personnages afin de rendre les scènes de dialogues réellement vivantes. Dès lors plus jamais je ne suis resté sans une lecture en cours, voire plusieurs.

En 1998 alors que je faisais semblant avec un ami de réviser mon baccalauréat sur les côtes normandes, ce dernier me poussa à lire Les Fourmis de Bernard Werber. J’avais entendu parlé de ce livre dans les cours de l’école bien sûr. Mais je ne m’en était jamais approché. Que pouvait bien avoir à dire un homme sur des fourmis ? Quel intérêt allais-je y trouver par rapport aux fresques impressionnante d’Asimov ou d’Arthur C. Clarke que j’étais en train de terminer ? Mais comme je n’avais plus rien d’autres à lire que les annales de biologie ou de physique et que franchement cet examen de fin d’étude me passait par-dessus la tête, ayant déjà mon esprit en prépa et étant persuadé que ce ne serait qu’une formalité, je me plongeais bien volontiers dans la lecture de ces insectes. Et là la claque. La grosse claque. Dès les premières lignes et jusqu’à la fin du troisième tome. Le tout englouti d’une traite. Sans me poser la question de savoir si la Terre tournait toujours et si le monde n’était pas entré en guerre pendant que j’étais enfoui sous le sol à observer ces minuscules êtres vivre sous la plume imaginative de celui qui, j’en avais rapidement décidé, était maintenant mon auteur préféré.

À ce moment précis lorsque j’ai fermé le livre j’ai voulu rattraper mon retard. Je lu donc tout ce qui avait déjà été publié, et puis j’attendis. Ce fut long. Mais de manière régulière et métronomique, chaque automne j’avais mon Werber à savourer. Et c’était un bonheur sans cesse renouvelé voire décuplé. Même quand j’ai eu très peur du Rire du Cyclope, finalement celui-ci aussi était formidable.

Mais 2016 est arrivé. Chez moi une belle année. Mais un mois d’octobre morne. La publication de Demain Les Chats m’avait fait trembler par son titre, mon auteur fétiche était-il devenu une Bridget Jones vouant un culte immodéré à ces animaux poilus, ronronnants et complètement insensible à la présence humaine ? Je priais le dieu des lecteurs que non. Et la catastrophe est arrivée quand même. Je n’ai pas réussi à terminer cet opus. Mince alors. Pour la première fois je n’y prenais aucun plaisir. Déçu ? Oui. Mais je n’avais pas à juger de la qualité. C’est simplement le thème qui ne collait pas à mes attentes. Pour le reste je pense toujours que c’est un bon livre. Un jour je le sortirai de sous l’armoire qu’il sert à caler pour le lire plus attentivement et à tout les coup ce sera un plaisir. Mais je ferai cela dans quelques années. Pas pressé.

Octobre 2017 je suis donc prêt. Chaud. Motivé. Remonté à bloc. Il va arriver, mon moment littéraire de l’année. Je connais déjà le titre et je suis particulièrement enthousiaste. Ça sent le retour aux sources. Le début d’une fresque même. Je ne pense qu’à ça pendant les longs trajets en train que m’impose mon travail. Et puis le jour J arrive et je tiens l’oeuvre dans mes mains. C’est parti pour Depuis l’au-delà !

DAD

Il ne m’aura pas fallu longtemps pour venir à bout de ce livre. J’y ai retrouvé tout ce que j’aimais chez mon auteur de toujours. Mais j’ai aussi été confronté dès le premier tiers du livre à des incohérences de scénario, à des lourdeurs de dialogues auxquelles je n’étais pas habitué.

J’ai essayé de poser la question à l’auteur lui-même pour peut-être comprendre que c’est moi qui était complètement à côté de la plaque. Sur Facebook et sur Twitter j’ai essayé de rentrer en contact et d’obtenir une réponse à mes interrogations sur ces passages de l’ouvrage qui avaient choqué ma logique. Rien. Il répondait bien à tous les autres lecteurs heureux qui le complimentaient mais pas à celui qui pouvait avoir un regard critique bien que tendre et qui souhaitait trouver une réponse pour reposer ce livre sur l’étagère des romans qu’on est fier d’avoir lus plutôt que de le laisser dans l’oubli des cartons de la cave.

Werber reste un homme de référence pour moi. Son imagination est sans limite. Sa tendresse dans la création de ses personnages et la dynamique de ses scénarios sont des sources d’inspiration. Sa communauté de pensées est un puits où je vais souvent puiser l’eau qui alimente mes propres réflexions. « L’arbre des possibles » est certainement une des expressions que j’utilise le plus quotidiennement pour faire sortir des idées de mes équipes.

Mais là il faut que je sache.

Alors voilà le deal.

Comme nous l’avions fait ensemble dans Looking For Youtube Star, je vais poster un petit article par jour sur TheFishEye et j’essayerai d’attirer l’attention du maître sur Twitter en partageant l’article et en l’interpelant.

Le soutien de certains d’entre vous m’avait bien aidé en 2015 lors de la première tentative avec E-Penser. Voyons ce que ça donne ici.

Objectif, que Bernard Werber réponde de manière claire à la question suivante : pouvez-vous expliquer pourquoi et comment Lucy voit un ectoplasme au bout de son lit (une vielle dame sans visage) alors que partout dans votre livre il est écrit et répété que c’est impossible ?

Je me contenterai de cela, même si j’ai mille autres questions. Et je voudrais redire tout l’amour et l’admiration que j’ai pour cet auteur et son oeuvre, même si 2016 et 2017 ont, à mon opinion que je partage sans en faire une vérité, était moins réussies.

Go !

#FuckTheFish !

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Un commentaire sur “Seeking for library star #1

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Cette entrée a été publiée le 15 octobre 2017 par dans Chronique, Seeking for Library Star, et est taguée , , , .
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