Cabourg – février 2018

(petite digression…)

(c’est dingue ce que les photos sont belles avec ce téléphone ! ce n’est jamais possible de passer un coup de fil sans que la connexion ne soit catastrophique, mais tout le reste il le fait nickel, c’est beau la technologie, ça m’émeut)

Certains diraient qu’ici tout n’est que luxe, calme et volupté.

Mais n’exagérons pas non plus, en arrivant dans la ville de Cabourg, Calvados, suite à des zigzags dantesques entre les automobilistes du dimanche qui restent invariablement scotchés sur la voie centrale sur l’autoroute (d’autant que c’était un vendredi soir, ce qui ajoute au fait qu’ils n’avaient vraiment rien à faire là) on était heureux, mais on a quand même déchanté. Pas tout de suite, car il faut reconnaître que l’hôtel sur l’hippodrome était impeccable, avec une piscine et une sauna aux petits oignons. Pas de quoi se plaindre non plus de l’accueil chaleureux et du lit immense dans une chambre sobre mais feutrée. Malheureusement dès le lendemain, et après pourtant une excellente première soirée pizza (dans un restaurant tout à fait charmant, La Casa, sans prétention autre que celle de vous faire plaisir et d’en prendre au passage) doublée d’une matinée spa-farniente, on s’est retrouvé à déjeuner dans un bon attrape-touristes. Le genre qui donnerait envie d’inscrire dans les annales de TripAdvisor le commentaire le plus acerbe de l’histoire du mécontentement :

« aidez-les à quitter ce métier qui ne leur convient pas et qui les accable en tapissant de notes catastrophiques la page de ce restaurant pour qu’ils n’aient d’autre choix que de vendre, laisser la place à de vrais professionnels passionnés et s’en aller paître ailleurs dans une indifférence proche de celle qu’ils accordent naturellement à leurs clients »

On n’a pas osé. Laissons la sélection naturelle se faire d’elle-même #Darwin. Mais il y a quand même de quoi se pendre ! Les seuls deux pauvres restaurants de la digue, situés tous les deux exactement entre le Grand Hôtel et la plage, sont deux espèces de guinguettes que la Marne aurait rejetée dans la Seine, et que cette dernière aurait poussées jusqu’au côtes Normandes après les avoir vomies de son estuaire, pour les voir s’échouer sur cette promenade littorale que les locaux ont baptisée du nom de celui qui est certainement leur gloire : Marcel Proust.

Pour le reste, la ville contient autant de parisiens que Paris contient de rats. La comparaison est peut-être un poil (de rat donc) violente mais ici les capitaliens (néologisme qui n’en fait pas moins d’eux des capitalistes) semblent s’être affranchis de toutes règles de bienséance, conquistadores de la Normandie se comportant comme les colons de n’importe quelle colonie (pourquoi choisir ? des Belges zaïrois aux WASP transatlantiques en passant par tous les autres dont les excuses sont toutes aussi lamentables que les croyances, ils sont tous à la fois détestables et pathétique) en bourgeois établis et fiers, pour lesquels plus aucune loi n’a d’importance. Par contre ils ont de belles bagnoles. Ça pour sûr. C’est le salon de l’auto à chaque carrefour, doublé de l’exposition du botox-pour-les-nuls et du t’as-vu-mon-mini-chien-ridicule-avec-sa-fourrure-rose-sur-le-dos !

Ici ça sent l’ISF, les francs-suisses et les heures chez le notaire à se demander quoi faire de l’héritage de beau-papa. Ce dernier après avoir trimé toute sa vie pour s’offrir un peu de sable et de mouettes à ses vieux jours se voyant dès la mise bière transformé en jackpot sonnant et trébuchant, et porté comme étendard de la réussite par ses rejetons reconnaissant de leur permettre de ne rien branler tout en laissant croire que la vie est dure, le tout porté en cocarde juste à côté des logos Ralph Lauren ou Eden Park de leurs polos fabriqués dans les mêmes usines que toute la collection Tati.

Et c’est justement en croisant un de ces héritiers insouciants, que j’ai failli écraser, ce qui n’aurait fait que décaler d’une génération l’effervescence pécuniaire de la descendance du vieux susnommé, que nous avons découvert un élément tout à fait singulier de la vie a Cabourg : le compte à rebours automobile ! (photo ci-dessous)

À nous demander comment il était possible que dans la rue principale il y ait autant de places de libres nous avons au final découvert l’ultimatum du stationnement. Loin des trottoirs des grandes villes de feu le royaume des francs où s’exhibent fièrement des colonnades verdâtres flanquées du P bleuté et dans lesquelles le citoyen motorisé doit s’acquitter de sa dîme immobilisatrice pour ne pas retrouver ses chevaux aussi nombreux soient-ils, et aussi vaillamment eussent-ils pu se défendre, sur le terrain gravillonné ceint de grillage à poules d’une fourrière de banlieue, on découvre, au hasard d’une envie d’aller faire le marché de ladite ville de Cabourg, des bites connectées dont la technologie n’a rien à envier à leurs cousines des boulevards de la ligne 2 à Paris. Une fois l’emplacement choisi et le créneau réussi, la magie des boucles à induction magnétique détecte votre présence et lance le compte à rebours. 40 minutes. C’est le temps qui vous sépare de l’illégalité. C’est la frontière mince entre votre réalité et une vie de hors-la-loi débauché et sauvage. Nous n’avons pas attendu la fin des 40 minutes pour savoir si notre véhicule allait être avalé par la chaussée, si la gendarmerie allait débarquer à grand renfort de sirènes hurlantes ou si tout simplement un ressort gigantesque éjecterait notre cheval de fer au large entre la Normandie et les côtes anglaises. Le mystère reste donc entier, mais la distraction méritait bien une photo et une anecdote. (Ceci dit nous n’avons vu aucune voiture voler du weekend, ce qui, associé au dédain pour les lois des badauds croisés, infirmerait la dernière hypothèse).

Re-bref.

Cabourg c’est comme tous les endroits beaux et facilement accessibles, c’est plaisant, mais c’est rempli de pédants et de commerçants incompétents qui masquent la réalité d’une ville splendide à l’architecture bourgeoise recherchée, construite brique après brique par des industriels qui n’avait pour prétention que de jouir d’un peu de tranquillité entre deux coups de reins nécessaires à la révolution industrielle, aux trente glorieuses ou au redressement d’après les crises pétrolières. Une réalité de petits commerçants établis depuis des générations et qui vous accueillent dans un cocon de chaleur au sein de leur chocolaterie-confiserie qui rendrait fou Willy Wonka pour partager avec vous les souvenirs qui ont fait arriver jusqu’à leurs étales les plus folles recettes de douceurs.

On y retournera avec plaisir se moquer des parisiens et profiter des excellents cocktails du Grand Hôtel.

(…fin de digression)

En tout cas mes enfants il a fait un soleil magnifique ce week-end et on a même sorti nos rollers-quads de bobos dans les rues normandesrien que ça mérite un beau :  #FuckTheFish !

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