Le héros meurt à la fin #1

Welcome, bienvenue, salut les gens. Comme dit ici, il est temps de commencer une nouvelle série… assez éloignée de nos habitudes. Très personnelle, en tout cas par la manière dont elle débute… mais il faut bien un jet d’énergie initiale pour mettre en mouvement toute chose.. alors, why not?

Tout ça pour vous dire que je vais un peu me lâcher. Que ça risque d’être très loufoque et parfois même franchement bizarre, voire carrément barré.

Enfin voilà. Advienne que pourra !



 

« Tu reprendras du gâteau ? »

Non mais franchement, est-ce que c’était vraiment une question ? Qu’est ce que je pouvais bien en avoir à faire de ce truc de forme indéterminée qui traînait sur la table depuis plusieurs minutes et semblait vouloir nous y retenir prisonniers jusqu’à ce qu’on arrive à le manger entièrement ? Strictement rien. En plus il était bon, et je venais goulûment d’en avaler le dernier morceau d’une portion titanesque qui avait presque entièrement rempli mon assiette. Mais je n’avais vraiment pas envie de devoir sourire et justifier mon appétit par un compliment en me resservant. Alors autant justifier mon non-appétit par une fin de non recevoir et ne pas avoir à faire semblant d’être gentil. Je n’étais déjà pas là de mon plein gré, je n’allais pas en plus féliciter mes geôliers. Ils auraient été bien trop contents de chercher une nouvelle occasion de me séquestrer, en m’invitant bientôt à un quelconque anniversaire ou à une fête traditionnelle au folklore complètement débile qu’on se sent encore l’obligation de fêter. Autant les en décourager tout de suite en portant ostensiblement mon indifférence en bandoulière.

« Non merci ça ira », car je n’en veux pas de ton gâteau à la con, même si ça m’arrache une dent de te dire ça parce qu’il est vraiment bon et que mon instinct me pousse à m’en retapisser la panse. Ce que je voulais c’était partir de cet endroit, vite.

On ne se connait pas mais laissez-moi vous dire que j’étais, à ce moment précis, un horrible et égocentrique petit personnage de l’histoire humaine. Je ne saurais dire si j’ai beaucoup changé vu de l’extérieur, mais vu de l’intérieur, au moment où je vous parle, la différence est radicale. La scène dans laquelle je viens de vous projeter se déroulait lors d’un anniversaire. Un jeune gars timide, brillant et, semblait-il, heureux, nous avait invités à le faire passer dans la dizaine supérieure à grands coups de champagne, petits fours et cotillons. Nous sacrifions ainsi à l’erreur mathématique d’usage qui consiste à faire croire que les dizaines commencent sur des chiffres ronds, alors qu’en fait elles s’y terminent. La trentaine commençant réellement à 31 ans et non à 30 ans. Mais les chiffres ronds ça sonne mieux, et c’est certainement plus facile pour compter, se rappeler, et surtout se justifier de faire la fête. Quoique si personne ne faisait plus cette faute, tout serait remis dans l’ordre et les célébrations se dérouleraient au bon moment, et pas un an trop tôt. Mais je diverge.

J’étais là pour faire plaisir à ma compagne. Ma copine. Ma non-on-n’est-pas-mariés-mais-c’est-tout-comme. Mon indéfinie en somme. C’était la commémoration annuelle de la naissance d’un de ses amis de jeunesse, un de ceux qui avaient la prétention de la connaître depuis plus longtemps que moi et qui se pavanaient justement ce soir-là en ayant affiché aux murs d’une salle des fêtes, pas si beauf que ça, des dizaines de photos d’une époque que je n’avais pas eu le droit de connaître. Tout ça juste pour m’emmerder. Et puis ce n’est pas comme si à cette époque elle avait été mariée, avec un con en plus. Je n’ai jamais trouvé d’autre adjectif pour ce mec que je n’ai croisé que trois fois, et qui a eu l’audace de boire dans mon verre de bière à la première rencontre sans rien me demander. J’aurais dû lui foutre le verre dans la tronche, ça l’aurait aidé à se recoiffer. Je vous dis ça, mais moi aussi j’étais en couple avant. Pas marié. Pas engagé. Un leasing sans option d’achat. Avec vidange et assurance incluse… j’avais peut-être juste oublié les sentiments dans le contrat de bail. Je n’avais pas su aimer. Et je n’avais jamais eu d’exemples particulièrement glorieux sous les yeux pour m’aider. Je considérais donc l’échec comme seule issue possible. Et tout ça pour finir devant un maudit bout de gâteau.

Vous comprenez, non ? Je me trouvais encore une fois assis au milieu de son ancienne vie. Ils étaient, et sont toujours d’ailleurs, très sympathiques, mais j’aurais voulu effacer de leurs mémoires tout ce qui avait existé avant mon arrivée dans leur monde. C’était moi le tôlier maintenant, le passé ne devait plus être, j’étais leur nouveau tyran, unique leader de la pensée autorisée et bienveillante, à mon égard au moins. Non, vous ne comprenez pas car ce n’est pas compréhensible, ni même possible à appréhender pour qui est un tant soit peu sain d’esprit.

J’étais assis à une table entouré de gens heureux de me voir, en tout cas pas fâchés de ma présence, et moi j’étais le type le plus indifférent du monde n’adressant que parcimonieusement la parole, n’attendant qu’une chose, que tout ça se termine le plus vite possible. Et à côté de moi, à mes côtés, la plus belle, la plus douce, la plus extraordinairement incroyable personne qu’aucun monde n’ait jamais porté. Les dieux s’ils avaient existé se seraient prosternés devant elle pour lui baiser les pieds et proposer leurs corps misérables comme paillassons afin que ses pieds ne foulent jamais le sol de cette Terre imparfaite qui osait être son monde. Elle était là. Et par un mystère non résolu à ce jour, elle y était avec moi, et elle me regardait avec des yeux qui me faisaient me sentir invincible. Elle m’aimait. Je l’aimais. Nous nous aimions. C’était beau, plein de guimauve, de papillons, d’avenirs ensoleillés, de rires et de promesses, de sueur et de caresses, de bonheur. Mais non, moi il fallait que je sois malheureux. Comme un totem érigé à la face du monde pour montrer mon importance, car on ne laisse une trace dans le sable de l’éternité qu’en étant une âme torturée, la plus noire possible, la plus vile. Celle sur les pompes de laquelle tous les avions du monde s’écrasent. « Oh! Tu es tellement malheureux et pourtant si brillant à la fois, ce monde ne te comprend vraiment pas, quelle injustice ! » voilà ce qu’il m’était nécessaire d’entendre à longueur de journée. Être reconnu génial et malheureux. Chaque événement était prétexte à une analyse en profondeur de mon mal-être pour déterminer le degré de souffrance que ressentait mon âme à l’instant précis. La seule chose pertinente qu’il aurait été nécessaire d’analyser était ma connerie, je m’en rends compte maintenant, mais est-ce qu’un appareil de mesure, s’il avait été inventé, aurait été assez résistant pour encaisser l’explosion permanente de débilité qui rayonnait de moi ?

J’avais la plus merveilleuse des vies potentielles et j’étais assis là devant un gâteau de rêve à me dire que tout était nul et que je ferais mieux de rentrer chez moi rapidement pour m’endormir, passer à autre chose et surtout en chemin critiquer autant que possible les heures qui venaient de s’écouler, plutôt que d’essayer d’en profiter.

Cliché tout ça non ?

Le cliché parfait de l’adolescent de 37 ans à qui on a donné le pouvoir d’une carte bleue, qui se sent pousser des ailes de super héros évangélisateur et que chaque humain dégoûte par son insignifiance. Adolescent qui pense tout savoir sur tout. Qui donne des leçons à tout un chacun sur ce qu’il doit faire, fier de mettre en avant sa propre expérience. Adolescent faussement enjoué qui se montre malheureusement insatisfait de ce que le monde lui propose de vivre, comme s’il n’arrivait jamais à se contenter, à se rassasier, et qu’il restait à jamais un monde de seconde zone, en-dessous de ses attentes, bon pour les sans-ambitions, les sans-cultures, les prostrés-devant-la-télé.

J’étais un cliché et j’allais devenir le héros d’une histoire que vous ne voudrez jamais croire. Qu’importe ! C’est une épopée que je n’aurais jamais voulu vivre, l’Odyssée qui commence ce soir-là surpasse tout ce que je me serais imaginé comme avenir, surtout et d’abord, par son impossibilité. Encore aujourd’hui, moi-même, je n’y crois pas.

J’étais face à ce gâteau délicieux à côté de cet être magnifique, j’étais malheureux comme les pierres, j’avais bien sûr fait très attention d’en rejeter la faute sur tout ce qui pouvait exister d’autre que moi. Et je ne me rendais pas compte que j’entraînais par là même la vie de tous ceux que je croisais dans l’abîme d’où je vous livre mon témoignage.

Je ne repris pas de gâteaux. Nous partîmes rapidement de cet endroit où nous aurions pourtant pu tellement nous amuser et nous rentrâmes, presque sans un mot.

(to be continued…)



 

N’ajoutons rien, à la prochaine les gens, #FuckTheFish

L’épisode 2 c’est par là….

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