Petit tour au théâtre

Que faire le jeudi soir à Paris ? Ça c’est tout le sujet de cette petite aventure. Je suis sûr que tout le monde se pose la question chaque soir de la semaine de manière différente. Personnellement j’avais récemment répondu à cet appel d’activité par une jolie cuite et je ne voulais pas tout de suite remettre le couvert avec ces joyeusetés.

Dans cette ville des millions d’opportunités plus alléchantes les unes que les autres s’offrent spontanément. Du coup c’est très difficile de choisir. Aller au théâtre ? Ben oui ça faisait longtemps. Mais quoi voir ? Une comédie, c’est facile et si souvent décevant. On y vient voir plus les acteurs qui jouent toujours leur même rôle de pièce en pièce qu’une œuvre originale. Aller à la Comédie Française s’éblouir devant un classique bien mené. Non, pas ce soir chérie, j’ai la migraine. Bon. Alors on fouille les sites à l’affût du commentaire qui nous dirigera vers le chef-d’œuvre ultime dont nous n’aurions pas entendu parler malgré les media qui nous bercent à longueur de jour. Et tout d’un coup on voit que Chesnais est au Théâtre de Paris dans une pièce dont on se fiche complètement. C’est le bonhomme qui nous intéresse. Et à travers le bonhomme c’est surtout l’interprète de Lucius Sillius Sallustius qu’on veut voir. Bookage (et néologisme) immédiat ! Et on veut être tout devant pour respirer le même air que l’artiste. Y’a qui d’autre qui joue ? Ça parle de quoi ? Mais on s’en fiche bon sang ! C’est demain et ça va être bien.

Donc là si vous n’avez pas la référence je vous renvois à (grands coups de pieds dans le fondement à) la sixième et splendide saison de Kaamelott.

Le théâtre de Paris c’est un endroit magique de la rue Blanche. Juste devant une caserne qui donne envie d’être pompier et à côté d’un de ces restaurants plein d’âme qui sert le tartare comme personne, et qui ne sert pas grand chose d’autre ceci dit.

On y boit deux chablis bien frais, parce que le bar du théâtre nous a refoulé. Place réservée aux spectateurs de la représentation principale du soir, dans la grande salle. Les amoureux du moustachu sont relégués aux combles et ne peuvent donc pas étancher leur soif. Mais on est bien dehors sur nos chaises en osier, dans 30 minutes ça commence, on se réchauffe le sang. On spécule. On est impatient mais on sait que ce sera bien. Pas de raison.

C’est l’heure. On grimpe les 3 étages à pince et on arrive dans une salle plus large que profonde. On est au troisième rang en plein milieu. On va être nickel. 3 euros dans la main du placeur alors que des panneaux l’interdisent partout et on se faufile vers nos sièges en faisant bien attention de faire se lever tout le monde, mais on dit merci à chacun.

Ça blablate devant et derrière. Nos voisins de droite aiment bien le heavy métal français parodique, bon point. Ceux de derrière ne sont pas bien grands, je leur promets de m’avachir le plus possible. À gauche ça ne bronche pas et devant c’est venu avec la copine pour l’impressionner mais ça se demande ce que ça fait là.

On nous demande d’éteindre tous les appareils susceptibles de déranger les artistes dans leurs œuvres. Le noir se fait et le rideau s’ouvre. Ça commence.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire, tout est dans le pitch sur le site du théâtre. Je vais juste vous dire d’y aller. Claquez l’équivalent de trois paquets de clopes ou de quatre Chouffes, ça vous fera du bien, et allez vous remplir de la magie de cette pièce pas spécialement extraordinaire pour la profondeur de ses textes mais jubilatoire par les sentiments qu’elle vous procurera.

Le sujet est ardu. Voire hard tout court. Il est servi par des acteurs bien trouvés. Les trois rôles secondaires sont moyens dans leurs interprétations mais font le job. L’acteur principal irradie. Il fait du Chesnais mais il le fait bien et de toute façon c’était ce qu’on était venu voir. Mais Fanny Valette, avec derrière elle une carrière qui ne laissait pas présager tant, nous a scotchés. Tiens c’est simple j’en chiale encore rien que de la revoir en pensées en écrivant ces mots.

Il est très rare aujourd’hui, pour moi en tout cas mais je ne demande qu’à être surpris, de tomber sur une œuvre inattendue. Ça m’a fait le coup avec le dernier Werber, car je m’attendais à un fiasco, il y a eu Grossir le ciel et toute la série du Bourbon Kid, et beaucoup d’autres romans finalement, mais au cinéma ou au théâtre, les exemples s’amoindrissent. Il n’y en a quasiment pas.

J’aimerais tellement vous raconter ce qui m’a transpercé dans cette oeuvre, mais ce serait vous gâcher tout, on ne spoil pas les pièces de théâtre, comme les films. Je vous dirais juste qu’il m’a fallu deux bonnes heures pour redescendre des sommets d’émotions où l’auteur et ses interprètes m’ont conduit. Je vous dirais encore que je revois le salut final comme un message d’espoir et de souffrance mélangés et que j’ai vécu, de loin, ce que vivent les personnages de cette pièce. Tout est vrai. Pas un mot de trop. Pas de sentiments surjoués pour faire pleurer dans les chaumières. Tout est très juste, parfaitement maîtrisé et raisonne terriblement au plus profond de chacun.

Peu de gens se sont levés à la fin de la pièce. La salle n’était malheureusement pas remplie, et la timidité l’a emporté sur ceux qui comme moi auraient voulu dire aux acteurs qui se tenaient main dans la main devant nous, à quel point ils avaient été bons. Mais nous avons applaudit à nous en faire éclater les mains. C’était déjà ça.

En sortant, dans l’escalier, quand ma douce compagne me questionna d’un simple « alors? » je ne répondis qu’en la regardant et en balançant une main en l’air dans une volonté de dire « qu’est-ce que tu veux que je te dise…? c’était magique, j’ai le souffle coupé » mais aucun son ne sortit de ma gorge. Et c’était mieux ainsi, je sentais que si j’ouvrais la bouche pour faire vibrer intelligiblement mes cordes vocales, j’aurais fondu en sanglots tellement l’émotion n’arrivait encore pas à me quitter à cet instant.

Nous nous réconfortâmes devant une entrecôte et un tartare d’une brasserie de la gare de Lyon, les verres remplis de Brouilly, sans vraiment trouver les mots justes pour décrire ce que nous venions de vivre.

Allez-y les gens ! Et régalez vous !

#FuckTheFish



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