Pensées, avec orgue et violons

Dis.
Tu crois que Bach aurait écrit
Son adagio s’il avait été heureux ?
Dis.
Tu crois qu’il nous bercerait
Si nous étions si enthousiastes de vivre ?
Dis.

Je veux croire que toute la mélancolie
Qui irrigue en poison acide nos veines
S’écoule au loin par ces notes déchirantes
Et libère notre monde de sa détestable
Odeur putride.

Mais, dis.
Pourquoi pleures-tu ?
Pourquoi ne lèves-tu pas les yeux
Pour voir ce ciel si doux qui t’enveloppe ?
Dis.
Pourquoi ces frissons qui parcourent ta peau
Quand les violons et l’orgue vibrent à en faire
S’effondrer les édifices de nos vies ?
Dis moi.

Tes questions ne font que nous enfermer
Dans une cage où le temps se tord
Et nous prend de vitesse
Pendant que tu penses
La vie a fait un bond
Elle t’a laissé là
Et tu n’as rien
Fait pour la
Retenir.

Alors dis.
Que devient-on ?

Plus rien.



©TheFishEye2019

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