Pensées, à l’aventure

Je m’ennuis tellement de ce temps qui avance
Si lentement chez moi, que parfois, seul, je pense,
Je divague, me vois en invincible brave,
Dont le courage le mène hors de l’enclave
Où il végète morne, moribond et flasque.
Dans ces moments de rêveries, je me dis que
Je pourrais vivre une grande et belle épopée
Qui m’emporterait vers un pays reculé.
Elle me changerait en héros intrépide
Triomphant sans peur d’une aventure splendide.
Une telle histoire doit avoir un navire,
Il y aurait donc de noires mers à franchir,
Sur un grand trois-mâts superbe comme ceux que
Chevauchent fièrement les découvreurs de mondes.
Je m’installerais à la proue comme figure
Ou épouvantail, chassant les mauvais augures.
Mais ma gloire ne s’arrêterait pas à cet
Enjambement, simple anecdotique saynète,
Il y aurait par la suite beaucoup d’obstacles,
Tous à la fois fous, monstrueux et redoutables.
Les montagnes qu’il me faudrait escalader
Seraient des murailles aux cimes enneigées.
Elles me donneraient bien du fil à retordre
Avant que je les dompte. Mais faisons dans l’ordre :
D’abord pour m’engager dans cette longue quête,
Il faudrait penser à tout et que je m’apprête.
Les meilleurs héros meurent trop vite dit-on
D’un manque chronique de préparation.
Il me faudrait donc tout régler au millimètre,
La tâche est plus ardue qu’il ne puisse paraître.
Dans un grand sac en toile épaisse, pas trop lourd,
Je mettrais ce dont un héros a besoin pour
Ne jamais se retrouver pris au dépourvu
Devant chaque épreuve du chemin parcouru.
Il y aurait des cartes et de nombreux vivres,
Une arme, de chauds habits, mais surtout des livres
Qui durant les longues nuits et jusqu’aux aurores
Offriraient à ma solitude un réconfort.
Aussi plus que tout dans ce périlleux voyage,
Supporterais-je le poids de quelques ouvrages.
Il faudrait aussi l’indispensable compas,
Comment savoir sans lui orienter mes pas ?
Puis, dans mon bagage, au-delà de toute chose,
J’aurais besoin d’un cap, d’un but ou d’une cause
Pour laquelle risquer ma vie, user mes guêtres,
Sans but, sans destinée, quel héros saurai-je être ?
Un baroudeur fantoche, une pâle copie
De ceux qui m’ont précédé et donné envie.
Si je savais où trouver l’inspiration
Mon foyer ne serait pas mon seul horizon.
J’aurais déjà parcouru tout l’Orient et
Serais revenu les malles lourdes, chargées
Des merveilles dont le lointain peut faire don,
Si j’avais eu un peu d’imagination.
Et puis tout cela m’a l’air assez dangereux
Ici, j’ai tout mon petit confort près du feu.
Alors, pourquoi m’aventurer hors de mes murs ?
Finalement je m’invente vite un futur
Qui ne fait que me glacer le sang et m’inquiète.
C’est raisonnablement idiot, une quête.
Je serai sage de rester à ma fenêtre.
Qu’il n’en déplaise au destin, je ne suis pas être
À risquer de tout perdre, et mon or et mes plumes
Dans une gloire qui ne serait que posthume.
Je suis pleutre et vous l’accorde sans hésiter
Car à défaut de carquois ou de volonté,
Je n’ai pour mon courage comme arme secrète
Que le temps qui passe et des rêves plein la tête.



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