Qu’en pensent les pros ? – round 3

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Aucune maison d’édition n’a réellement répondu. C’est le désespoir les amis.

On a fait une touche que je vous livre ci-dessous,

et à laquelle je vais évidemment donner suite, et une demi-touche là, mais qui n’a jamais répondu à mes relances :

En plus c’est la rentrée littéraire, et personne dans ces grands salons feutrés, surtout parisiens, n’a de temps à consacrer aux malheureux indépendants à qui ils ont déjà tant donné en prenant les cinq minutes nécessaires pour mettre nos manuscrits à la poubelle. Les plus chanceux d’entre nous auront reçu une jolie lettre ou mail de refus expliquant qu’ils ne correspondent pas à la ligne éditoriale, et patati et patata.

Nous sommes les hérissons écrasés du bord de la route de l’édition.

Mais ne le mérite-t-on pas ? Comme je viens de me faire livrer une palette de pavés tous neufs, j’en profite pour en jeter un dans la marre et voir s’il fait des ricochets. Et comme on dit chez les Orsenna, si le ricochet c’est qu’Érik hocha (ça, c’est pour garder mon public d’adeptes de calembours et mâchouilleurs de carambars).

La marre donc. (Dont y’en a d’ailleurs, car ça commence à bien faire !)

Oui, car je ne pense pas que le monde soit mauvais, et je ne pense certainement pas que les gens se lèvent le matin en essayant de nuire aux autres. Ils se lèvent avec un instinct de survie débordant qui les amène à vouloir leur propre bien, qui par un enchaînement de conséquences involontaires peut déclencher le malheur chez d’autres. Vous me direz que certains cherchent peut-être leur bonheur par le malheur des autres, et y trouvent une certaine jouissance. Je vous le concède bien volontiers. Et puis il y a les sociopathes qui eux ne ressentent rien du tout. Mais on s’égare et on ne va pas s’attarder sur chaque taré dont la somme ne constitue qu’une infime partie de la population.

Mérite-t-on donc d’être édités ? Mérite-t-on d’être remarqués par les grandes maisons d’édition ?

Vaut-on mieux que les Musso et autres Foenkinos ?

Je ne le pense pas.

Comment peut-on imaginer que les maisons d’édition, dans un grand complot mondialo-réptilien, choisissent leurs auteurs pour nous nuire, et pour faire entrer de la bouse dans la tête de leurs lecteurs ? Quel serait l’intérêt ? À qui profiterait le crime ? Les auteurs à succès seraient donc dénués de tout talent, et ne seraient simplement que des robots à la solde du grand capital ?

Que penser, en leur temps, de Zola et Hugo alors ? Et aujourd’hui de Werber par exemple ? A-t-il écrit ses Fourmis sous la contrainte d’un éditeur machiavélique qui le menaçait de dépecer toute sa famille, ses voisins et son clébard, et de suspendre leurs entrailles au parapet du pont Alexandre III (j’adore ce pont) ? Non.

Les éditeurs ont certainement peaufiné son texte, lui ont donné un autre regard pour l’aider à le sortir sous la meilleure forme, mais le talent initial était là, et c’est ce qui a fait qu’il a été détecté, qu’il est sorti du lot. Talent inné, ou talent enfanté par une énorme masse de travail acharné, voire un mix des deux, ce n’est pas le débat.

Est-il meilleur que nous ? Oui. Sans aucune hésitation. Quand je lis ses textes, que j’aime ou pas l’histoire, et ça vaut pour tous les auteurs de ma bibliothèque, je sens l’immense fossé qui nous sépare. Ce fossé fait de phrases légères ou lourdes mais qui à chaque mot surprennent, cet abîme d’imagination qui me relègue dans les rangs des scribouillards du dimanche. Ou de n’importe quel jour de la semaine, n’allez pas croire que c’est parce que vous écrivez le mercredi que vous n’êtes pas concernés !

Si nous n’avons pas été édités, si nous devons tout faire par nous même, n’est-ce pas simplement notre faute ? Nous rejetons en permanence cette dernière sur ceux qui refusent de nous vendre. Mais si en face personne n’achète, qu’y a-t-il réellement à vendre ? Ce n’est pas parce que je suis écrivain, que je le décide et le décrète unilatéralement, que ce que je fais est bon, plait et sera acheté. Or si personne n’achète comment puis-je être rémunéré, et si demain une maisons d’édition de la place me choisit pour sa rentrée littéraire, cela ne sera pas gagné pour autant, il faudra que je  trouve mon public, et que j’arrête de croire que les éditeurs sont des gnomes avares qui se terrent sous des monceaux de pognon et n’en distillent à leurs auteur qu’au compte-goute. Si un auteur ne vend rien, c’est peut-être parce que ce qu’il écrit est tout simplement mauvais, ou ne plait à aucun public, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Il peut surtout arrêter de critiquer et d’en vouloir à la Terre entière, et se trouver une activité pour laquelle il sera plus doué. Raconter des histoires plaisantes aux copains à l’apéro et savoir les écrire sans fautes d’orthographe ne fait pas de vous un écrivain, encore moins un auteur. Et encore, les fautes d’orthographe c’est un autre débat, il paraît que c’est un des nouveaux moyens de discriminer les gens… moi ça m’empêche juste de comprendre ce que je lis… mais je suis peut-être trop vieux ; quant à l’histoire, il arrive qu’on se sente écrivain juste parce qu’on sait écrire un pitch. C’est bien, mais pas suffisant.

« On ne peut pas juger un auteur sur son style et son orthographe »… ah… fuckin’ twitter, grand descendant de Warhol, qui nous fait croire qu’on aura tous notre heure de gloire indiscutable, même si on chie des navets à longueur de jour.

Je prends volontairement la défense des maisons d’édition qui sont attaquées en permanence car apparemment elles ne font pas bien leur métier. Je suis désolé, et pas désolé en fait, mais à chaque fois que je lis quelque chose de chez Albin Michel ou de la NRF, je me régale, alors que ce n’est pas forcément le cas quand je reçois un livre indépendant, autant sur la forme que sur le fond, bien que quelques découvertes furent très très jolies, mais on ne va pas se mentir le rapport joli-texte/bouse est en faveur des bouses… et je me demande même si Wattpad ne serait pas en réalité une champignonnière clandestine, je vous laisse seuls prolonger la métaphore. Je le dis d’autant plus facilement que je participe moi aussi à l’amoncellement de déjections cérébrales ! Dans l’espoir qu’un jour les miennes, plus odorantes, soient repérées par les grands de ce micro-monde dans lequel on patauge.

Donc, chères maisons d’édition, venez derrière le micro du podcast, venez nous raconter comment vous sélectionnez vos auteurs, comment vous les rémunérez et les accompagnez. Disséquons vos comptes d’exploitation pour voir si vous êtes les super-capitalistes que tout le monde dit que vous êtes. Venez ! On en cause !

Et les autres, les pas-édités comme moi, les sans-grade, les pas-doués peut-être tout simplement, retournez à vos textes, si c’est ça qui vous lève le matin, retournez à l’inspiration, lisez, faites lire, acceptez d’être mauvais, acceptez de ne pas y arriver, et continuez, ou laissez tout tomber. Mais arrêtez de vous plaindre !

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