Nous, haïssables petits inutiles

Parfois mes pensées sont sombres et elles me tétanisent moi-même, alors je les couche ici et les y emprisonne.



Soyons honnêtes, vous n’êtes pas très beaux, et je ne le suis pas non plus, d’autant moins que je me dois d’être votre reflet déformé, dans ce miroir cabossé de mots sensé dépeindre le monde qui m’entoure.

Refléter l’horreur de la haine qui dessine notre réalité est une charge qui demande un effort tout à fait gigantesque afin de ne pas être soi-même mastiqué et avalé pour mourir digéré, vidé de toute substance, dans la bile de l’ignorance des autres.

Alors il faut haïr en retour. Haïr fort, haïr bien, haïr proprement. C’est une science qui ne soufre aucune approximation. Tout d’abord il faut se focaliser, on ne hait pas tous azimuts. On hait ciblé, et en groupe c’est important, c’est le seul remède. On traque en meute. Seul, idiot, on ne sait pas haïr, on ne peut être qu’haï. Haïr seul c’est se masturber contre un mur stérile. Il faut se faire des amis de haine. De compagnons d’inhumanité.

La haine doit être un feu sans cesse alimenté qui lèche aveuglément les chairs.

Comment pourrait-il en être autrement ? L’imaginez-vous cette dévorante haine, en minuscule brasier ? La figurez-vous en une insignifiante colère retenue qui aurait été éternuée trop fort ? La voyez-vous toute ridicule et apeurée ? Non, la haine c’est bien autre chose. La haine c’est une puissance, c’est un dieu universel, créateur de tout ce qui est et a jamais été. La haine c’est l’immense bâtisseur de nos univers. Elle crée des mondes entiers, des légendes, des épopées. Elle a écrit les plus belles lignes et composé les plus ferventes mélodies, les envolées les plus poignantes des tribuns fabuleux qu’ont acclamés les plus grandes foules.

C’est notre amie, notre mère, celle dont on veut être mieux nourri que nos semblables, c’est elle qui les rend faméliques et risibles, les broie et les fait disparaître à la vue de nos ouailles dévotes qui ne contemplent plus que nous.

Elle a fait de chacun ce qu’il est.

Elle est l’unique outil nécessaire à notre survie.

L’unique bâton de pèlerin qui nous guide d’un maître à l’autre.

Mangeons-nous, tuons-nous. Assassinons. Violons. Asservissons. Exterminons. Puisque c’est notre grande prêtresse qui nous l’ordonne, nous n’avons d’autre choix que de la satisfaire. Nous sommes de petites amibes effrayées, incapables de la renvoyer crever dans un néant d’inexistence, dans ce nid puant dont elle n’aurait jamais dû s’envoler.

Ainsi nous méritons notre sort. Ainsi nous méritons de la contempler nous dévorer le foie, et la rate, et le cœur, pleurant doucement d’une tendresse émue d’avoir été choisi parmi les imbéciles pour finir en grand martyr de notre éternel et unique amour.



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